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 Rock n Folk 2002

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Cyril
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MessageSujet: Rock n Folk 2002   Lun 13 Aoû 2012, 7:03 am

The Grateful Dead

"Vous savez ce que le public du Grateful Dead disait quand il n'étaitpas défoncé ?" Keith Richards ménage son effet avant la chute. "Wow, mec, quel groupe merdique' !" Le guitariste des Rolling Stones dispose d'un large éventail de vannes anti Grateful Dead qu'il adore balancer dès qu'il entend mentionner ce nom. Richards n'apprécie plus vraiment le Dead depuis que les Stones et le légendaire groupe de San Francisco ont organisé en décembre 1969 un concert gratuit à Altamont Freeway qui s'est achevé dans un bain de sang, les deux groupes s'étant mutuellement rejeté la responsabilité de la catastrophe. "De la couille en barre de hippies sans talent" : ainsi définit-il, entre autres termes choisis, la démarche musicale du Dead.

Le mépris de Keith Richards pour le Grateful Dead a trouvé un vaste écho au sein de l'intelligentsia punk des années 70 qui a unanimement dénigré les penchants du groupe pour les jams interminables et la rhétorique hippie. Dans les années 90, Kurt Cobain a porté plus loin encore la vendetta punk: "Ce soir, je vais porter un T-shirt dégoulinant du sang de Jerry Garcia", lança-t-il avec un ricanement sardonique sur une radio de San Francisco fin 1991, alors que Nevermind venait d'atteindre la première place des charts. Rétrospectivement, c'était une déclaration plutôt étrange de la port du Hamlet grunge. Somme toute, Cobain et Garcia avaient beaucoup en commun. Les deux chantaient d' une voix de vieillard maladif, exécutaient une version du ln The Pines (également intitulé Where Did You Sleep Last Night ?) de Leadbelly et sont des icônes américaines retrouvées mortes avec des traces d'héroine dans le sang. Cobain avait de surcroît un lien direct avec Garcia et le Dead : sa femme Courtney Love est la filleule de Phil Lesh, le bassiste du groupe. Hank Harrison, le père très controversé de Love, a été un des premiers managers du Dead, et Love elle-même prétend être l'un des enfants de la communauté immortalisée au dos de la pochette de Aoxomoxoa, troisième album du groupe paru en 1969. Pour chaque célébrilé dégommant le Dead, une figure au moins aussi renommée exprime un avis contraire. Paul McCartney, un fan de longue date, a même mis en scène un film sur le groupe à la fin des années 80 (un montage de 20 minutes construit autour de photos du Dead prises par sa femme Linda avec une version de Dark Star pour la bande-son).

Des artistes aussi divers que Jane' s Addiction et Elvis Costello ont enregistré des classiques du Dead, de jeunes francs-tireurs comme Beck et Ryan Adams chantent ses louanges à longueur d'interviews. Le disciple le plus éminent des San-Franciscains demeure Bob Dylan, qui a tourné avec le groupe aux Etats-Unis en 1987 et assimile l'expérience à "une épiphanie... le moment où j'ai recommencé à me connecter à ma propre musique". Dans une nouvelle biographie de Dylan publiée l'an dernier aux Etats-Unis sous le titre "Down The Highway", Bob Weir, le guitariste rythmique du Dead, affirme qu'en 1989, Dylan est allé jusqu'à demander au groupe s'il pouvait devenir un membre permanent. "Nous avons répondu oui, sauf l'un d'entre nous qui ne l'aimait pas particulièrement. Sans Phil Lesh, on l'aurait engagé." Dylan est tellement enfiché du groupe qu'il ne prend même pas mal ce rejet. Lui et Lesh tourneront même ensemble en 1997, deux ans après la fin du Grateful Dead précipitée par la mort de Jerry Garcia. Notoirement réservé, Dylan n'a pas assisté aux funérailles de ses comparses des Travelling Wilburys, Roy Orbison et George Harrison, mais s'est fait un devoir de se rendre à la St Stephen Church de San Francisco à la fin du mois d'août 1995 présenter ses derniers hommages à Jerry Garcia étendu dans son cercueil. Selon les témoins, Dylan a pleuré tout au long de la cérémonie. Deux jours plus tard, il a adressé à la presse internationale un communiqué débordant d'amour et d'admiration : "II est impossible d'évaluer sa grandeur en tant que musicien... Il était l'esprit incarné de la country décollant des marais boueux pour s'élever vers les sphères. Il y a un monde entre la Carter Family, Buddy Holly et Ornette Coleman - des univers entiers, des espaces qu'il a remplis sans jamais être affilié à aucune école. Son jeu était ombrageux, magnifique, hypnotique et subtil. Il était sans égal."

Malgré tout, la plupart des novices à la musique du Dead se rangeront secrètement du côté du vieil acariâtre Keith Richards plutôt que de rallier d'instinct les vues exaltées de Dylan. Longue de trente années, l'odyssée du groupe inclut son lot de sommets olympiens, mais aussi des vallées moins attrayantes qu'il faut laborieusement arpenter pour y localiser les points de vue imprenables. Les chansons sont souvent beaucoup trop longues. Les harmonies vocales sont rarement plaisantes à l'oreille. Les deux batteurs tendent parfais à diminuer l'impact percussif plutôt qu'ils ne le renforcent. Le Grateful Dead est responsable des versions les plus mollassonnes des chansons de Chuck Berry jamais répertoriées. Sur la quasi-totalité de ses enregistrements live, le groupe débute invariablement comme s'il se remettait des excès de la veille, chacun de ses membres gratouillant péniblement son instrument dans l'espoir que le son obtenu redonne quelque forme à son esprit caramélisé. Six ou sept chansons sont ainsi interprétées dans le brouillard complet et, au moment précis où l'auditeur se décide à classer l'affaire au rayon pub-rock méc/iocre pour fumeurs de shit, le Dead prend brusquement son envol vers une stratosphère accessible à lui seul. Chacun des membres a toujours fait preuve d'une approche profondément excentrique de son instrument. Phil lesh utilise souvent sa basse comme une guitare: ses doigts caurent avec vélocité sur le manche mais hésitent, frustrants, à simplement soutenir un groove solide.

Le jeu de guitare rythmique de Bob Weir est exempt de toute attaque rock convention­nelle : il travaille le rythme comme un sculpteur la pierre, de façon créative mais circonspecte. Quand les batteurs Bill Kreulzmann et Mickey Hart, tous deux instrumentistes confirmés, se fondent en une seule entité rythmique lors des concerts, le résultat relève de la magie; quoique sur nombre de chansons, ils semblent seulement se gêner l'un l'autre. Jerry Garcia était le leader : d'une autre classe que ses collègues, il pouvait abso­lument tout jouer à la guitare. Django Reinhardt, Wes Montgomery, Segovia et Freddy King comptaient parmi ses influences majeures et, avant même d'avoir atteint l'âge de vingt ans, il était capable de reproduire la moindre note enregistrée par ses idoles. Ses pairs de la scène de San Francisco (Jorma Kaukonen du Jefferson Airplane, le tandem John Cipollina/ Gary Duncan de Quicksilver Messenger Service et le farouche soliste de Moby Grape, Jerry Miller) se contentaient de recycler un petit catalogue de riffs rock et blues à un volume et une distorsion maximums. Garcia préférait un son fluide et propre, allié à une technique complexe lui permettant d'improviser de longues séquences mélodiques Finalement moins redevables à l'héritage des vieux géants du blues et des génies du jazz qu'à son imagination fertile et ses doigts virtuoses.

Weir a qualifié l'essence mystérieuse du Dead de "pouvoir des exclus" - le son bizarre de marginaux jouant pour leurs semblables et inventant dans la foulée un ersatz de religion. Mais c'est Garcia lui­même qui a le mieux cerné l'impact du groupe auprès des jeunes générations dans les années 80 et 90 en déclarant en 1987 : "Nous sommes devenus comme Jack Kerouac et Neal Cassady... L'une des dernières aventures américaines possibles, c'est de suivre le Grateful Dead sur la route." Dans les annales de la bohème US, le Dead s'est établi comme le chaînon manquant entre le mouvement beatnik de la fin des années 50 et sa transformation, dix ans plus tard, en culture de masse hippie dopée au LSD. Neal Cassady, le modèle de Dean Moriarty, héros du séminal Sur la Route de Kerouac, était un ami et un gourou du groupe. Allen Ginsberg et Timothy Leary traînaient souvent dans les quartiers généraux du Dead à Haight Ashbury. Ken Kesey, le singulier auteur de Vol au-dessus d'un nid De coucous, les convia dès 1965 à se produire à ses happenings Acid Tests. Quand le groupe commença à jouer sous acide, d'étranges choses survinrent. Mais dès qu'ils s'habituèrent aux hallucinations, ils se mirent à créer des sonorités destinées à accroître l'effet déformant des images et inventèrent de fait le psychédélisme West Coast : de la musique d'ambiance conçue paur accompagner la myriade de sensations provoquée par les drogues hallucinogènes. Dès le départ, les membres du Dead envisagent la défonce comme une croisade. Ils veulent y convertir le monde entier, le répètent à longueur d'interviews et le prouvent en droguant à son insu quiconque entre en contact avec eux.

Sauf que les années venant, les drogues deviennent plus dures et les choses empirent. Deux claviers meurent d'overdose (un troisième succombe des suites de son alcoolisme). De la fin des années 80 au début des années 90, la lutte anti-drogue menée par les Etats­-Unis désigne les concerts du Dead comme des repaires de dealers. Des milliers de fans y sont arrêtés et nombre d'entre eux purgent injustement de longues peines pour possession de petites quantités de stupéfiants. Au coeur de la tourmente trône Jerry Garcia, le patriarche dévoyé et héroïnomane de Grateful Dead. En 1995, ils sont des millions d'américains à fré­quenter assidûment les concerts du Dead et une grande partie de cet immense public semble sincèrement convaincue que le groupe - et surtout Garcia - possède une espèce de grâce divine. Ainsi naît un authentique culte religieux constitué de gens qui se baptisent les Spinners, procla­ment Garcia comme leur sauveur et se rendent à toutes les messes du Dead, vêtus de longues robes, pour y danser extati­quement. Ils jurent pouvoir léviter pendant les solos les plus inspirés de Garcia. L'homme qu'ils vénèrent à distance est pourtont un être imparfait qui maltraite souvent son entourage - en particulier les femmes de sa vie - un humain trop faible pour tenter de restaurer son corps lessivé. A sa mort, il n'a que 53 ans, mais ses cheveux blancs, son obésité et son métabolisme ralenti le font ressembler à un octogénaire. la route dorée de l'adulation sans limites a rendu le fondateur de Grateful Dead vieux et malade avant l'âge.

Deux tragédies essentielles frappent Jerome John Garcia peu après sa naissance le 2 août 1942 de l'espagnol Joe Garcia, saxophoniste et leader d'un petit orchestre, et de sa femme Ruth Clifford, ex-infirmière à l'hôpital des enfants de San Francisco. A l'âge de quatre ans, l'enfant est en vacances avec sa famille au nord de Santa Cruz. Lui et son frère aîné Clifford Tiff Garcia s'amusent à couper du bois. Selon ce dernier: "L'espace d'une seconde, jai perdu les pédales et j'ai coupé son doigt par erreur avec la hache. Le doigt n'était pas totalement tranché mais on n'a pas pu l'emmener aux urgences assez vite, donc il a fallu l'amputer. " Le majeur du petit Jerry Garcia est sectionné à la deuxième phalange. De nombreuses années plus tard, ce doigt deviendrait hautement symbolique: l'empreinte de la main de Jerry Garcia ornera des T-shirts et des autocollants. Il prétend avoir pris la chose avec philosophie: "Le pire, c'est quand le pansement est tombé. C'est là que j'ai compris - ô mon Dieu, je n'ai plus de doigt! Mais après ça, c'était OK : quand on est môme, si un truc rend différent, on peut l'exploiter pour obtenir plus de sympathie et une vie plus facile."

Garcia parvient moins facilement à s'accommoder des conséquences d'un deuxième accident survenu deux ans plus tard alors que sa famille se trouve une nouvelle fois en vacances. Un après-midi, son père Joe pêche dans la rivière de Willow Creek lorsqu'il glisse sur un rocher dans les eaux tourbillonnantes. "Je l'ai vu couler, dira dans une interview Garcia, qui avait six ans à l'époque. C'était horrible. "

Tout change pour Jerry Garcia après la mort de son père. Sa mère continue de s'occuper du bar qu'elle et son mari défunt possédaient, obligeant ses deux fils à s'installer chez leurs grands-parents. Puis Ruth Clifford se remarie avec un homme que les garçons détestent tous deux profondément. Jerry développe un asthme aigu qu'aggravent encore les disputes domestiques. Vers dix ans, malade et désœuvré, il passe le plus clair de son temps au lit et se découvre une passion dévorante pour la littérature. Il est extrêmement intelligent mais tout aussi fai­néant et complètement indiscipliné, inapte à décrocher la moindre bonne note à l'école. Il expérimente panctuellement la délinquance juvénile à 13 ans lorsqu'il balance des pierres dans les fenêtres du poste de police local avec son frère. Et à 15 ans, il découvre deux trucs qui illumineront sa vie plus que tout : ses aptitudes musicales et les drogues. Pour son anniversaire, sa mère lui rapporte une guitare électrique et un ampli du mont-de-piété et il acquiert illico des rudiments de technique en écoutant des chansons de rhythm' 'blues à la rodio: "A l'époque, les stations R&B passaient encore Lightning Hopkins, T-Bone Walker et tous les bluesmen de Chicago. Jimmy Reed avait même des hits !" Un mois après la guitare, il s'initie aux joies de la marijuana: "Avec un pote, on est allé fumer des joints sur la colline et on s'est tellement explosé la tête qu'ensuite, on sautait partout dans les rues en hurlant de rire. C'était parfait. Exactement ce que je cherchais." Au cours de l'été 1958, Jerry se prend de passion pour les arts graphiques et devient étudiant à temps partiel à la California School of Fine Arts. Son mentor est un peintre-enseignant nommé Wally Hedrick qui passède la galerie dans laquelle Allen Ginsberg a déclamé pour la première fois en octobre 1955 son poème épique Howl devant une audience incluant Jack Kerouac, Neal Cassady et Lawrence Ferlinghetti - autrement dit, le berceau du mouvement beat.

Garcia adore l'endroit. Cependant, ses relations avec sa mère se détériorent au point qu'il décide en 1960 de s'éloigner de sa famille en s'engageant dans l'armée. Mi-avril, il commence son service à Fort Ord, près de Monterey, à 125 miles au sud de San Francisco, et comprend instantanément qu'il vient de commettre une énorme bourde. Ses compagnons ne sont pas des plus recommandables - "mon meilleur pote là-bas était un braqueur de banques", dira-t-il et il décide d'en faire le moins possible pour se faire virer rapidement. Son cousin Daniel Garcia évoque cette période avec déplaisir: "La police est venue vérifier s'il ne se trouvait pas chez moi, parce qu'il avait déserté. En principe, on ne peut pas dire à ces gens-là: "Ça ne me plaît pas, bye bye." C'est presque impossible de se tirer de l'armée. Mais Jerry était le genre de type capable de tomber dans un seau de purin et d'en ressortir frais comme la rose. "

Garcia s'est prouvé avec succès qu'il était "inapte à toute discipline". le 14 décembre 1960, il abandonne l'armée pour embrasser la carrière de nomade. Il ne contacte aucun membre de sa famille et échoue à Palo Alto, une riche banlieue de San Francisco où il dort la plupart du temps dans sa voiture. Il prend beaucoup de speed, fume du shit, joue de la guitare - ses neuf mois dans l'armée se sont révélés productifs : il maîtrise désormais les techniques ardues du picking folk - et traîne aux abords de la scène beat locale avec une bande de bons à rien de son acabit, en particulier un jeune speed-freak nourri d'ambitions littéraires appelé Robert Hunter qui deviendra plus tard san parolier attitré. Garcia et les autres rôdent principalement autour de la librairie Kepler de Palo Alto et dans une vieille maison appelée le Château, jouent de la guitare et bavassent sans arrêt.

En 1961, Phil Lesh, un jeune prétentieux qui a étudié la composition d'avant-garde à l'Université de Berkeley et brièvement joué de la trompette dans un groupe de jazz avant même d'avoir vingt ans, se trouve au Château, pété aux amphètes qu'il consomme en intra­veineuse, quand on lui désigne pour la première fois Garcia. En premier lieu, Lesh est quelque peu troublé à la vue de celui qui deviendra quatre ans plus tard son compère au sein du Grateful Dead : "Au départ, Phil ne supportait pas d'être dans la même pièce que Jerry", se souviendra Alan Trist, un autre habitué des lieux qui officiera comme l'un des nombreux managers du Dead. Il n'arrêtait pas de répéter: "Ce type est trop puissant". Garcia a beau être ravagé d'acné et plutôt replet pour un bouffeur d'amphétamines, il possède un charisme inné - où qu'il se trouve, il attire immédiatement l' attention, qu'il joue de la guitare ou se contente de parler. Dans ce microcosme, Garcia est une personnalité populaire qui papillonne sans penser à l'avenir. Survient une autre tragédie. Au petit matin du 20 février 1961, après une fête au Château, Garcia, Alan Trist, Lee Adams et un jeune prodige littéraire nommé Paul Speegle roulent dans une voiture dont le conduteur (Adams) perd soudain le contrôle. Garcia décolle littéralement de ses chaus­sures et traverse le pare-brise pour atterrir dans un champ proche avec une clavicule brisée. Trist et Adams sont blessès. Speegle est tué sur le coup, écrasé par le poids du véhicule. Garcia n'oubliera jamais cette nuit: "Je suis devenu un autre. Ma vie a commencé avec cet accident. Avant, j'étais en dessous de mes capacités. Je manquais de direction et j'étais plutôt feignasse. Mais le crash m'a réveillé pour le restant de mes jours."

Garcia s'engage dans une carrière de musicien professionnel. Il tombe amoureux d'une fille de 15 ans, Barbara Meier, résidant à Palo Alto et dont les parents désapprouvent vigoureuse­ment cette liaison. L'adolescente plaque Garcia au moment d'entrer au lycée où elle se lie avec Tony Williams, le fougueux jeune batteur du quintette de Miles Davis. En 1962, Garcia donne ses premiers concerts comme chanteur folk et épouse l'année suivante Sara Ruppenthal, 19 ans, également chanteuse folk, et enceinte de lui. Ils se produiront souvent ensemble dans les coffee-houses locaux jusqu'à la naissance de leur fille Heather. A cette époque, Garcia est complètement obsédé par le bluegrass : il pratique le banjo jusqu'à douze heures par jour et devient l'un des meilleurs instrumentistes bluegrass de la West Coast. Pour gagner un peu de fric, il travaille au Morgan Music Store de Palo Alto comme prof de guitare. Le 31 décembre 1963, un garçon dyslexique de 16 ans au regard perçant affecté d'un léger strabisme, Bob Weir (que tout le monde surnomme Bob Weird, Bob le Bizarre) passe devant la boutique avec un copain: "On a entendu de la musique qui venait de l'arrière du magasin. C'était Garcia. On est entré et on a parlé. Puis on a joué un peu et on a décidé de former un groupe de jug."

En 1964, les groupes de jug connaissent une brève popularité aux Etats-Unis. le genre est assez limité - trois accords et un son semblable à celui d'un pet produit par quelqu'un soufflant en rythme dans une cruche - mais de fait, très facile à jouer et, pour des groupes comme Lovin' Spoonful, extrêmement lucratif. Garcia invite un de ses amis (une sorte de biker au look patibulaire se faisant appeler Blue Ron) à rejoindre le groupe. Le patronyme de Blue Ron est Ron McKernan ; son père était un disc-jockey rhythm' n'blues réputé de la Bay Area officiant sous le sobriquet Cool Breeze et Ron a hérité de sa passion du blues, qu'il joue exclusivement saoul, c'est-à-dire tout le temps. Weir, Garcia et McKernan donnent des concerts boiteux saus le nom de Mother Mc.Cree's Uptown Jug Champions depuis six mois lorsque McKeman (désormais surnommé Pigpen en raison de ses manières de rustaud) insiste auprès des autres pour que le groupe s'électrifie et joue le blues à l'anglaise comme les Rolling Stones ou les Animals. Weir (un grand fan des Beatles) n'a pos besoin de se le faire répéter. Garcia non plus, qui a vu A Hard Day's Night et pris du LSD pour la première fois en 1964 et a vite compris que la guitare électrique lui rapporlerait plus que son banjo adoré. Un type appelé Bill Kreutzmann bosse avec Garcia au Morgan's; c'est un batteur rock professionnel doué d'atouts extra­ musicaux - il a fréquenté Aldous Huxley. Au début de l'année 1965, il pose ses fûts derrière Garcia, Weir et McKeman, augmentés du fils de Dana Morgan (le propriétaire de la boutique) à la basse. Après deux concerts lamentables, Garcia vire le fiston et demande à Lesh de le remplacer. Garcia respecte tellement les brillantes théories musicales de Lesh qu'il se soucie comme d'une guigne que ce dernier n'ait jamais louché une basse de sa vie. Lesh accepte, et élabore son jeu de basse singulier.

En mai 1965, arrivent les premiers engagements, des gigs réguliers au Mogoo' s Pizza Parfor du IVIenlo Park de San Francisco. Ils s'appellent les Warlocks mais, comme le nom est déjà pris, ils devien­nent The Emergency Crew. En novembre, ils fument du DMT (un hallucinogène à l'action très rapide) dans l'appariement de Lesh en feuilletant un dictionnaire, quand Garcia repère les mots grateful (reconnaissant) et dead (mort) juxtaposés: "J'ai lancé : 'Et si on s'appelait Grateful Dead ?' Personne n'aimait. MJi non plus, mais ils ont tous dit: 'Ouais, c'est super.' Ça nous a vraiment porté chance. C'est assez rébarbatif pour dissuader les touristes et suffisamment étrange pour inquiéter les fX1renls. "

A la fois mystique et menaçanle, l'appellation siérait davantage au groupe d'année en année. 1966 voit l'avènement des Acid Tests imaginés par Ken Keseyet sa troupe d'évangélistes de l'acide, les Prankslers. Le groupe se produit lors de plusieurs performances ourdies por les activisles lysergiques, apprend à jouer sous acide (pos simple) et à étirer sa musique de relIe façon qu'une chanson dure parfois près d'une heure. Ils exéculent d'inlerminables versions de "ln The Midnight Hour" et "Dancing ln The Street", mais il aurait sans doule fallu participer pour apprécier pleinement: les premiers enregistrements live du Dead ne sont guère faciles à écouter. Pareillement, les premiers disques studio ne valent pos tripetle, les lentalives folk-rock West Coast du groupe sur des titres comme "Early Morning Rain" s'avèrent même carrément risibles. Seules les éructations blues de Pigpen retiennent l'attention, même si ses talents de vacaliste sont loin d'approcher ceux des jeunes Van Morrison ou Eric Burdon. A la fin de l'année, le groupe signe chez Warner Bros et part à los Angeles enregistrer son premier album. Quand ils ne sont pas en studio, Garcia, Lesh et Weir vendent dans le parking du Kantner' s Deli le LSD que leur mécène Owsley Stanley - il a payé les amplis et œuvré comme ingénieur du son sur certains concerts - fabrique dans son laboratoire perso. De façon prévisible, les drogues perturbent rapidement les séances. Garcia l'avouera plus tard: "Quand on s'est pointé, on carburait au Dexamy/ et on a tout enregistré en trois ;ours. C'est ce qui gêne sur ce disque. C'est de la musique hyperactive, les tempos sont tous trop rapides." En plus des effets du speed, le premier album homonyme du groupe souffre d'un manque Ragrant d'originalité -le plus souvent, le Dead évoque une version pizzeria du superbe Paul Buttemeld Blues Band de la période "East West".

En octobre 1967, le groupe recrule un deuxième batteur, Mickey Hart. Adeple des percussions orientales, Hart confère immédiatement à la section rythmique un surcroît d'énergie, via son inleraction tumultueuse avec Bill Kreutzmann et Phil Lesh. Le ûead répèle constamment et, fort des poroles fournies por le vieux pote de Garcia, Robert Hunier, assemble l'audacieux matériel qui sera enregistré les deux années suivantes. "Anthem Of The Sun" est publié durant l'été 1968 après des mois de séances désaxées poussant les producteurs - au moins l'un d'entre eux - à quitter le studio en s'arrachant les cheveux. Les membres du Dead _nissent por produire l'album eux-mêmes en mélangeant des ébauches de titres studio à des kilomètres de bandes live. Pas une très bonne idée à l'arrivée. Comme l'admettra por la suile un Garcia penaud: "Phil et moi avons terminé le mix de 'Anthem' sous acide. On faisait correspondre le son à nos hal/us. "

Du moins "Anthem" resle-t-il un disque ambitieux et, por instants, dynamique. En revanche, son successeur, le confus "Aoxomoxoo" sorti en avril 1969, est à tel point imbibé d'acide qu'il donne l'impression que les musiciens vont se désintégrer à chaque seconde. Ce qui se vérifie pour certains d'entre eux: Bob Weir et Pigpen se font tous les deux éjecler por Garcia et Lesh pendant les séances; Weir pour être "tellement barré à /' acide qu'il n'étcit même plus là" (selon Garcia)

et Pigpen pour snober la même substance - il préfère sa condition d'alcoolique lerminal. Résultat, Pigpen ne _gure pos sur "Aoxomoxoa" et Weir ne s'y fait enlendre que rarement. Mais les deux refusent tout bonnement d'être sacqués et radinent quinze jours plus tard comme si de rien n'était à un concert du Dead, _n prêts à jouer. Garcia - résigné au fait que le groupe ne peut s'articuler qu'autour de sa formation de base ­n'abordera plus jamais le sujet. la réintégration du tandem s'avère d'ailleurs béné_que : tous se concentrent davantage sur la musique et dès 1969, le groupe signe le plus beau Reuron de ses trente ans de carrière. "live Dead" (un double album constitué de bandes live de 1969) est un chef-d'œuvre, l'un des meilleurs albums rock jamais commis et de loin la plus importanle contribution répertoriée au psychédélisme West Coast. long de vingt-deux minutes, "Dark Star", le titre d'ouverture, transcende l'improvisation rock hallucinée en la projetant hors du lemps, dons une galaxie purement extatique où résonnent la grâce et la ferveur du John Coltrane de "A lave Supreme". Le resle de l'album est poreillement délirant. la même année, le Dead intègre également à ses concerts plusieurs originaux country encore inédits. Pourtant, 1 969 s'est achevé tragiquement. Altamont a jeté un grand froid. Les Hel!' s Angels ont coincé Meredith Hunier sous le camion du Grateful Dead et l'ont tué à coups de couteau.

Le groupe subit aussi de sérieux revers _nanciers : son manager Lenny Hart a détourné tous les chèques de royalties émanant de Warner Bros. Pas cool du tout : Lenny est le propre père du batteur Mickey Hart. Peu de lemps après cet épisode, ils se font tous arrêler à la Nouvelle-Orléans. Et le nouveau daviérisle Tom Constalen décide de se barrer. Ses lentatives pour convertir le groupe à la Scientologie - usage de drogues prohibé ­

n'ont pas reçu un écho très favorable. De toutes ces calamités ndÎt 'Workingman' s Dead", le meilleur album studio du Dead inlerprétant avec la verve joyeuse d'un groupe de bar country & weslem une collection de splendides chansons sur le trépas, le meurtre et la démence cocaïnée écriles par Robert Hunier - qui mêle avec un art consommé thèmes folk traditionnels et prise de conscience post-lSD. D'autres problèmes caractérisent l'enregistrement de "American Beauty" sorti fin 1970, cinq mois après 'Workingman's Dead".les riches parents adoptifs de Bob Weir décèdent, le père de Phillesh découvre son cancer en phase terminale et la mère de Garcia meurt à l'hôpital des suiles d'un accident de voiture. Le spectre de la mort plane sur le disque (die "Box Of Rain" de lesh, ou les derniers mots d'un fils à son géniteur agonisant) qui inclut néanmoins plusieurs titres enjoués capables de séduire les radios.

"American Beauty" révèle le Dead au grand public. l'album se classe au Top 20 et renforce la réputation des San Franciscains devenllS l'un des meilleurs groupes live du pays. las, c'est à ce moment que les choses se gâtent de façon irréversible. Mickey Hart, hanteux à cause de son voleur de père, fait une dépression nerveuse et quitte le groupe pendant quatre ans début 1971. Pigpen développe une maladie chronique durant l'été. Son alcoolisme lui a bousillé le foie, et il passe le plus clair de son temps sur un lit d'hôpital, obligeant le Dead à se produire en public en quartette jusqu'à l'arrivée, en octobre, du pianiste Keith Gadchaux. Pigpen figure sur les trois albums live publiés par le groupe dans le but d'honorer son contrat avec Warner Bros : l'inverlébré "Graleful Dead aka Skullfuck" de 1971, l'informe "Europe 197Z'

de la même année, et une curiosité oubliée intitulée "Bear' s Choice" publiée en 1973, peu de 1emps après sa mort solitaire dons son appariement de Corte Madera début mars. Le foie et la rate ont lâché - hémorragie gasfro­intestinale aiguë. Pigpen avait arrêté de boire depuis deux ans, mais le mal était fait. Triste affaire: il n'avait que 27 ans.

Le décès de Pigpen coïncide avec la fin de l'âge d'or insouciant du Grateful Dead. Jerry Garcia persuade les autres membres du groupe - très sceptiques - de franchir un pas radical en vendant leurs disques sur leur propre label. Le projet vire rapidement au cauchemar: la Communauté Dead est trop défoncée pour endosser de simples responsabi­lités et se désintègre quand l'homme choisi par Garcia paur superviser l'entreprise (un gobeur d'acides de Wall Street appelé Ron Rakow) s'évanouit brusqùement dons la nature avec un chèque de royalties de 250 000 dollars.

La cocaine a détruit tous les groupes de San Francisco de la fin des années 60 (Jefferson Airplane, Quicksilver, Santana...) et le Grateful Dead a bien failli les suivre. En septembre 197.4, dans une salle londonienne, l'un des roadies tente une intervention. Pendant la balance, il monte sur scène et met les musiciens au dé_ de jeter leur stock entier de cocaïne par terre. Selon Rock Scully, le manager du Dead : "En tout, ça faisait plus de cinquante grammes. L'un des roadies a versé de l'essence à briquet et a foutu le feu au tas de coke. Je crois bien que ce soir-là, on a inventé le crack!" En 1976, un Indien Swami, propriétaire d'un ashram à San Francisco, initie Garcia à un nouveau rituel : fumer de l'héroïne persane avec de la cocaïne. le guitariste s'accroche illico, et les conséquences sur sa vie, sa santé, sa musique et son statut au sein de Grateful Dead se révéleront catastrophiques. Certains de ses intimes tiennent pourtant cette dépendance pour une bénédiction perverse : "L'héroïne a permis à son corps de se relaxer, affirme Alan Trist. Il prenait tant de cocaine depuis si longtemps qu'au milieu des années 70, on aurait dit qu'il était au bord de la crise cardiaque. D'une cerlaine façon, l'héroïne lui a peut-être donné vingt ans de plus à vivre."

Pour quelqu'un d'aussi doué et cultivé, Jerry Garcia n'en restait pas moins un branleur américain typique: il fumait trop, se nourrissait exclusivement de junk-food graisseuse et son hygiène personnelle laissait à désirer. Seule une femme pouvait organiser les aspects de sa vie autres que la musique et la défonce, mais il n'était pas très doué non plus pour la monogamie. Après la faillite de son mariage avec Sara Ruppenthal au milieu des années 60, il se lie à la robuste Carolyn Iv1ounloin Girl Adams et le couple donne naissance à deux _11es. Adams tolère ses liaisons occasionnelles mais, quand la romance de Garcia avec les drogues dures s'intensi_e, elle lui pose un ultimatum. Garcia disparaît alors tout bonnement: il n'a jamais supporté que quiconque lui fasse la leçon à ce sujet. Après tout, les stupé_ants ne l'ont jamais empêché d'être un musicien proli_que. Pendant toute la durée des années 70 et 80, dès qu'il n'a pas d'engagement avec le Dead, Garcia squatte la scène d'un quelconque bar ou club de la Bay Arec avec l'un de ses multiples projets parallèles - le jazzy Hooteroll, le bluegrass old And ln The Way ou son Jerry Garcia Band. les autres membres du Dead sont déconcertés par la capacité de leur leader à poursuivre avec succès plusieurs activités hors du groupe et l'alchimie interne du Dead change. Bab Weir a laissé derrière lui son passé de drogué pour devenir un maniaque de la santé qui tente sans relâche de pousser les autres à poursuivre 10 voie pop mainstream ouverte par Fleetwood Moc. Déçu par l'absence d'aucloœ expérimentale du Graleful Dead seventies, Phil Lesh picole. l'incroyable consommation de substances de Garcia les met tous deux mal à l'aise, quoiqu'ils se gardent bien de lui en faire part. Pour ne rien arronger, les deux batteurs sont dans un état aussi pitoyable que le guitariste.

Lessivé par les drogues, le Dead enregistre toujours de temps à autre : 'Wake Of The Flood" en 1973, NlVIars HotelN en 197 A, NBlues For AllohN en 1975, le surproduit "Terropin StationN de 1977, NShakedown Street" en 1978, et l'atroce NGa T 0 HeavenN de 1980. Tous ces albums ont un point commun: deux chansons intéressantes qui sonneraient mieux en version live surnageant dans un médiocre capharnaüm. Au début des années 80, les abus de Garcia ont tellement empiré que celui-ci voit rarement le groupe. Pendant sept longues années, aucun nouvel album du Dead ne verro le jour. Reclus dans un petit appartement, Garcia fume sans arrêt de l'héroïne et de la cocaïne en jouant de la guitare. En 198A, son co-Iocataire Rock Scully appelle un médecin pour examiner Garcia contre la volonté de ce dernier. le Dr Weisberg ausculte un individu bouffi au 1eint grisâtre "dont les pieds sont Irop gonllés pour qu'il puisse marcher", relève une tension dangereusement élevée, un cœur aux ar1ères bouchées et un rein prêt à capituler. Il ordonne un traitement d'urgence dans un hôpital proche mais Garcia refuse tout net de s'y rendre et retourne à sa foone favorite d'automédication. Une année plus tard, il se fait serrer dans une voiture garée dans le Golden Gale Park en train de fumer de 10 free-base. La police con_sque plus de vingt paquets d'héroïne et de cocaïne. "Assez pour une armée entière", commentera l'un des membres du groupe.

En 1987, le Grateful Dead réussit aux Etats-Unis une résurrection digne de Lazare. Jerry Garcia s'étale en couverture de plusieurs magazines dans lesquels il évoque son retour de l'enfer des héroïnomanes. La traversée n'a pas été facile: en 1986, il est tombé dans un coma diabétique qui a duré plusieurs jours. Quand il a repris conscience, il avoit totalement perdu la mémaire et a dû se faire raconter les principaux épisodes de sa vie. Il lui a également fallu réapprendre à jouer de la guitare, une lâche ardue qui a nécessité plusieurs mais. Quand Garcia refait surface avec le Dead, il ne s'attend absolument pas à 10 vagues d'adulation qui déferle sur lui. Pendant son absence, le Grateful Dead est devenu très populaire: les marginaux ont finalement conquis le grand public. Un nouvel album intitulé Nin The Dark se catapulte directement dans le Top 10 et son premier simple liA Touch Of Grey" ne quitte plus les ondes. Grâce à la vidéo, le Dead passe même sur MN. Son public a considérablement rajeuni et se compose désormais de gamins moins attirés par la musique du groupe que par la came circulont inévitablement pendant ses concerts. La ma_a en pro_te pour in_krer les lieux et s'y livrer à d'inquiétants tra_cs auprès d'une audience avide de praduits illicites. L'affaire alerre les instigateurs de la lulle anti-drogue du gouvernement Reagan qui organisent des fouilles massives se soldant par des milliers d'arrestations.

Le Dead commet un dernier album médiocre, Built To Last, mais parvient à donner les concerts les plus satisfaisants de sa carrière en 1991-1992, lorsque Bruce Hornsby remplace brièvement aux claviers Brent Mydland mart d'overdase après un mélange fatal d'héroïne et de cocaïne. Garcia enchaîne les histoires amoureuses, avec IVIanasha Matheson (qui lui donne une _11e) et son amour de jeunesse, Barbara Meier, mais ces liaisons s'achèvent dès que les deux femmes le confrontent au sujet de rhéroïne. Une fois de plus, il prend ses jambes à son cou. Ses mauvaises habitudes renâclent à trépasser : elles _niront par le tuer. Il se marie pour 10 quatrième fois en 1993 à une femme riche, Deborah Koons, qui ambitionne une carrière dans le cinéma. Koons prouve rapidement que l'argent et la célébrité de Garcia rinléressent davantage que sa personne. Ils ne vivront jamais ensemble et Koons brille par son absence quond la santé dégradée de son mari requiert une attention soutenue. En 1995, des émeutes sabotent plusieurs concerts de l'ultime tournée américaine du Dead qui écope du surnom justi_é de Tournée Infernale. Lors du dernier show à Chicago, Garcia reçoit même des menaces de mort --inutiles: il a l'air si malade qu'il n'est déjà quasiment plus de ce monde. Peu après, il entre à 10 BetIy Ford dinic, qu'il quille au bout de deux semaines, allergique à la nourriture. Il rechute rapidement et tâte à nouveau de la désinlox en intégrant le centre de Serenity Knolls à IVIarin County. La veille de son admission, il rend visite à un vieil ami, John Kahn: "II m'a dit qu'il était un vieillarcl.llyavoitque/quechose qui clochait vraiment chez lui. Il était à bout cie soufRe. Il m'a dit que le plus difficile pour lui c'était cie sortir du lit. " Au petit matin du 9 août, il meurt après sa première nuit dans 10 dinique de la Bay Arec. Une aulopsie canclura à "une atIoque fulgurante". Son sang révèle de légères traces d'héroïne mais son décès doit autant à son tabagisme et son régime calamiteux. Ses cendres seront dispersées pour maitié dans l'océan Atlantique et dans le Gange. Lors de la seconde cérémonie, Deborah Koons et earolyn Adams se crêpent le chignon pour obtenir le privilège d'éparpiller les restes de Garcia - Bab Wer doit séparer les deux femmes. Plus tard, Koons, Adcrns et d'autres ex de Garcia s'écharperont devant la justice pour l'héritage. Difficile d'imaginer un naufrage plus complet des idéaux hippies incarnés par l'innocent Dead des débuts...

Jeny Garcia assiste à ces péripéties avec un désarroi grandissant et le cœur gros. Etre une célébrité l'a toujours embarrassé, le voilà maintenant une icône, avec une marque d'ice-cream portant son nom (Cherry Garcia, la meilleure vente de Ben & Jeny à la _n des années 80) et la perspective de voir sa vilaine bobine illustrer un timbre. Pire encore, depuis son coma, le trac le paralyse totalement avant chaque show. Il,retourne donc à sa méthode favorite de gestion des problèmes: il recommence à fumer de l'héroïne. Durant les sept dernières années de sa vie, il réussira parfois à éviter les drogues dures. Et tentera même d'améliorer sa santé déclinante en faisant de l'exerciœ, en nageant et en s'adonnant à l'occasion à 10 plongée sous-marine.

Al'annonce de la mort de Garcia, Bill Clinton, alors président des Etats­Unis, s'empresse de lui rendre hommage : "eétait un grand artiste, un génie. Mais il avoit un problème lerrible causé par la vie qu'il menait et les démons contre lesquels illullait. " le Graleful Dead est _nalement reconnu comme l'un des piliers de la culture américaine, mais à quel prix? Leur patriarche dévoyé disparu, les membres du Dead n'ont plus de guide pour occompagner leurs odyssées sidérantes. le mp sans _n est bel et bien terminé. les fans du Dead sont en état de choc mais la mort du groupe aura toutefois un effet libérateur: durant les sept années suivontes, la famille élorgie diffuse en continu de vieilles bandes live sur le net. Soudain, plus d'une centaine d'heures d'enregistrements couvrant trente années d'une carrière unique affiuent. Bien sûr, d'interminables errements subsistent, mais les moments privilégiés où la musique se fond en une entité cosmique pleine d'allégresse les compensent largement.

Ces derniers temps, tout le monde, de sir Paul McCartney à Austin Powers, tente de refourguer l'esprit des sixties découpé en petites tranches pré-mâchées - une voriante carloon infantile, su_cielle et totalement hors contexte. Quiconque souhaite réellement communiquer avec l'esprit de celle décennie tumuhueuse le trouvera au cœur du Dead en version live. Tout Y est : les faux pas et les vraies réussites, les élans maladroits vers la transe, r ouverture sans réserve à l'in_ni des possibles. A l'instar de John Cokmne, Jerry Garcia et les siens caressaient le rêve fou d'emporter leur public très haut dans les cieux à la rencontre du Créateur. Contre toute attente, ils y sont quelquefois arrivés.


Nick Kent

Rock&Folk, mars 2002

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Alain
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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Lun 13 Aoû 2012, 9:32 am

Merci pour cet article, que je ne connaissais pas.
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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Lun 13 Aoû 2012, 1:20 pm

Merci Cyril.

Cela me conforte dans l'idée que j'ai de Keith Richard. Jamais pu supporté ce type. J'ai rien contre le musicien (même s'il est à mon sens très surestimé), mais il a vraiment l'air d'être le dernier des beaufs. Je suis surement un des seuls qui ait trouvé son autobiographie assez nulle : à part parler de comparaison de bites entre lui et Jagger et des filles qu'il a prétendument tringlé il a rien de très passionnants à raconter. Il ne semble d'ailleurs pas très loyal ou digne de confiance, après avoir manipulé et trompé la moitié de son entourage.
Enfin, c'est une autre histoire.
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Cyril
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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Lun 13 Aoû 2012, 2:09 pm

Cyril a écrit:


Paul McCartney, un fan de longue date, a même mis en scène un film sur le groupe à la fin des années 80 (un montage de 20 minutes construit autour de photos du Dead prises par sa femme Linda avec une version de Dark Star pour la bande-son).


Il me semble que cela s est deroulé a Paris peu de temps apres le decès de Jerry.
Linda Mc Cartney a effectivement fait des photos du groupe en 67 .

Je souhaitais lire la bio de Richards pour ma culture , n y connaissant rien aux Stones , mais vu l epaisseur du livre et la minceur de ton resumé je sais pas si je vais le faire!

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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Lun 13 Aoû 2012, 4:55 pm

Concernant l'article, c'est l'une des rares fois où quelqu'un ose parler du "Dark Side" of Jerry. Robert Greenfield, l'auteur de la biographie "Dark Star", en parlait dans une interview avec David Gans

"Je ne crois pas que les gens comprenaient que Jerry n'avait pas besoin de prendre du LSD pour être Jerry. Ce type s'est forgé lui-même après son éviction de l'Armée. Et toutes les personnes qui l'ont rencontrées le savaient. Quand Phil Lesh a rencontré Jerry, il a dit "Je ne l'aime pas. Il a trop de pouvoir". Jerry avait beaucoup de charisme. Tout le monde finissait par le regarder. Ils voulaient tous faire sa connaissance [...]
Vu de l'extérieur, Jerry était le Dead. Tout le monde savait que c'était lui le vrai leader, même s'il ne le voulait pas. C'est d'ailleurs à cause de cela que la fameuse façon que le Dead avait de prendre des décisions est venu : "Si personne ne veut être le leader, on fera sans". Mais la raison pour laquelle ils ont optés pour ce concept n'avait rien à voir avec l'idéologie hippie de l'époque. C'est simplement car Jerry, le type qui faisait "le show", et qui était autant calé sur le business que les autres, refusait d'assumer son rôle [...]

Toutes les femmes qui ont connu Jerry savaient qu'elles devaient le partager avec le Dead, "l'autre femme". Il y a eu un nombre incroyable de femme qui auraient données leurs vies pour lui. Mais cela ne lui suffisait pas.
Un des meilleurs moments de la vie de Jerry -- émotionnellement et créativement - c'était quand il vivait à Stinson Beach au début des années 70. Il avait la meilleure maison de la ville, il y habitait avec Mountain Girl et ses deux enfants, il jouait de l'acoustique avec Peter Rowan et David Grisman. Toutes les personnes qui l'ont cotoyé à cette époque disaient "Ce type est vraiment cool". Mais cela s'est dégradé quand il a recommencé à voir d'autres femmes.
Jerry avait tellement de visages différentes, tellement de personnalités différentes. Je crois que même les personnes proches de lui ne le comprenait pas. Ils en avaient même peur. Il ne fallait mieux pas être là quand Jerry allait dans son "mauvais côté", car il aurait pu vous faire tellement de mal.

Son habilité à intimider et déstabiliser était égal à son habilité à inspirer. John Perry Barlow a raconté ce qui s'était passé aux funérailles de Brent Mydland. Ils s'amusaient tous comme s'ils étaient l'équipe de basket du lycée. Ils racontaient des blagues, faisaient les cons. Barlow a été tellement choqué qu'il a voulu prendre ses distance avec le groupe par la suite. A la fin de l'enterrement, il est rentré avec Jerry dans sa limousine. Barlow l'a regardé et lui a dit : "Tu sais, Jerry, je crois que je ne pourrais plus faire cela encore. Ce qui se passe c'est que tous les Deadheads qui t'admirent prônent le "Love & Peace", veulent distribuer des bonnes ondes, s'entraider. Et nous, on devient vraiment horrible." Jerry lui a répondu : "Tu sais, mon gars, j'aimerais aussi quitter la scène. Mais je ne peux pas."

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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Lun 13 Aoû 2012, 5:07 pm

Jimagine la personnalite du bonhomme assez complexe, la bonne bouille et je suis sympa et accessible par les fans , concerts de charités etc , et puis je me bousille la santé en permanence, decisions de carrières curieuses.

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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Lun 13 Aoû 2012, 5:31 pm

Moi qui connais si mal le Dead (hormis sa musique), j'en apprends pas mal grâce à vous et à ces articles.

Le Dead, musicalement parlant, a été capable du pire comme du meilleur (selon moi, aucun groupe de rock n'a joué aussi mal qu'eux, et aucun n'a joué aussi bien qu'eux). Probablement comme Garcia. Humain, juste humain.
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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Mar 13 Nov 2012, 6:07 pm

Alain a écrit:
Merci pour cet article, que je ne connaissais pas.

Ben oui c'est un article interessant...dommage que ça soit assez illisible (déjà les caractères sont quasi microscopiques sur ce site mais en plus il y a tout un tas de mots tronqués que l'on devine plus qu'on ne lit...J'ai câlé au 3/4...je reviendrai lire la suite une autre fois...Salut les p'tits loups Smile
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The Tiger
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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Mer 14 Nov 2012, 5:09 pm

Merci pour ce très bon article !
Sinon, je ne connaissais pas ce côté plus sombre de Jerry Confused
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Cyril
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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Jeu 18 Avr 2013, 7:13 pm

Dans la bio de Richards au sujet d'Altamont.

"Altamont a été quelque chose d'étrange, notamment parce qu'on etait plutot decontractés apres la tournée et la session en studio. "un concert gratuit ? Ouais , sur, pourquoi pas ? Merci tout le monde!" Et là, les Grateful Dead sont entrés dans le tableau. On les avait invités parce qu'ils faisaient tout le temps le même show. On s'est simplement branchés sur eux et on leur a demandé " Vous pensez qu'on pourrait monter quelque chose ensemble d'ici deux ou trois semaines?" ......

Rien de plus sur ces évenements.

Interview de Sam Cutler , qui a participé à l organisation de ce concert et qui s'occupait de la tournée des Stones , il a aussi bossé pour le Dead

ici

Guere plus de reponses , a part que l'endroit et l installation de la scene etait vraiment merdique.

Depuis les Stones ont une dent contre le Dead, plus loin dans le livre , au sujet des gros concerts : "Bill Graham, qui les avait concues, etait alors le roi des concerts de rock, infatiguable défenseur de la culture alternative, d'artistes inconnus et de bonnes causes, mais aussi de groupes comme le Grateful Dead ou le Jefferson Airplane"

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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Mar 15 Juil 2014, 12:52 pm

Well,
ce que j'en pense.
Rock & Folk, Nick Kent, Grateful Dead. Chercher l'erreur.

Qu'un "rock Kritik" (article de R&F acheté à un mag anglais) se permette de fustigé contre l'abus de drogue alors que lui même...
Je pense que le message du Dead n'a jamais été :défoncez-vous.
Leur seul message à été :THINK FOR YOURSELF. THINK BY YOURSELF.

L'époque a été très différente que le mélange -assez fade-de maintenant.

Tous ces artistes sont nés pendant la guerre, grandi pendant la guerre froide et le Mc Carthysme. L'anticommunisme, la ségrégation.
Puis le rock est arrivé. Considéré par certains observateurs comme la plus grande révolution culturelle et adolescente depuis la Croisade des Enfants.

Le rock fût aussi le seul moyen pour les jeunes blanc d'écouter de la musique noire.
La condition des noirs était... il fait lire l'autobiographie de Charlie Mingus "Moins qu'un Chien" pour en avoir une petite idée.

La marijuana était la drogue des musiciens de jazz (Reefer de Louis Amsrtong) un film comme Reefer Madness (1936) devint au cours des 60's un film culte auprès des fumeurs. Le truc le plus absurde et drôle. Et une histoire pour effrayer les petits blancs.

Le mélange (c'est le cas de le dire) de ces deux cultures -rock et fume-a été créatif et explosif.
En France nous avions CloClo JOJO Sheila, ailleurs il y avait Bo Diddley, Muddy Waters, professor Longhair et tant d'autres.

Le vent de liberté a soufflé vers 62-65. Ces jeunes hommes et femmes ont exprimés une nouvelle manière d'être. Sans chichi mais avec panache et bien souvent une certaine classe presque victorienne.

Regardez la vie de Janis et vous comprendrez comment une petite blanche de texas, fan de musique noire, quitta (avec Chet Helms) Port Arthur pour SF (en stop).

Je ne peux que vous déconseiller les biographies françaises de journaleux surfant sur une vague 60's (en fait il sont déja depuis longtemps sur la grève!)
Le seul valable à mes yeux est celui d'Alain Dister: Il était à SF en 67

Ce qui tua Janis ne fût pas tant l'héroine que le business.
Elle tomba dans l'héro car le biz la bouffait.
Passer de membre d'un groupe local à STAR du biz (thanx Albert Grossman) fut pour tous ces jeunes hommes et femmes une chose qui les perturba après les avoir longtemps rebuté.

Il faut aussi savoir que Garcia passait pas mal de temps sur scène 150-200 gigs par an. Tenir le coup hors de scène.

Ce fut aussi le temps de l'amour libre, de la women's lib, de l'écologie du recyclage (voir la pochette de Steppenwolf :MONSTERS)
Donc ce coté "il changeait de femme, etc..." est puant.

D'autre part, mais c'est le même discours orienté par les médias, de dire que Jimi Hendrix est mort d'une OD est faut.
Brent était un homme fragile, et le public de 88-89, les infâmes TOUCH HEADS (deadheads venant après le succès de Touch Of Grey, public de MTV venant au concerts pour se défoncer et forcer les portes avec une violence jamais vue dans les shows), ne lui a guère été bénéfique.
J'ai vu plusieurs concerts avec Brent et il était constant dans la qualité de son jeu et parfois il inspirait et emmenait tout le groupe.

Incompris et assez timides "a man of action and very few word" (dixit jerry)
en plein divorce, le coktail coke-Héro lui a été fatal.

Keith quand à lui est mort des suite d'un accident de voiture, non obstant ses gros problèmes d'addiction. Mais surtout, ses doigts touchaient avec peine la clavier et l'inspiration l'avait quitté. Et fumer massivement de l'hero tua sa musique.

Pour ce qui est de R&F, il suffit de lire les critique des yves Bigot ou d'autres Manoeuvre pour comprendre que l'on ne parle pas de la même chose.

Je crois que c'est Stravinsky qui disait "j'ai été de part le monde, je n'ai jamais vu de statue de critique"


Donc pour ce pauvre Nick Kent, il a survécu au punk, à peu près à toutes les drogues, il faut bien trouver des sujets "à la mode" pour continuer a se prendre pour Tom Wolf ou Gonzo

En fai,t je n'ai pas pu finir ce papier (Q?), ques vérités roulées dans le mensonge, enrobées dans le sordide, habillées de non-sens.


Il y a pas mal de littérature sur le sujet, comme l'histoire du Haigh Hasbury et Acid Test ...

Soyez sûr d'une chose, Amis, ce qui a tué la musique en France sont POMPIDOU (interdiction des festivals) et une presse de M.... louchant sur des frissons bon marché pour faire des papiers racoleurs.

Ladys & Gentlemen, that's fini!









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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Mar 22 Juil 2014, 8:52 pm

En relisant tout ces détails sur le train de vie de Garcia  et de ses dernieres années difficiles , une video sympa de notre ami LoloYodel , pas mal de Jerry dans les années  90, au dela du fait de juger les prestations , notre Jerry semblait tout simplement s'eclater sur scene et vivre encore à fond sa musique


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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Mar 22 Juil 2014, 10:01 pm

C'est sur!
Son problème n'était pas sur scène, c'était quand il arrêtait de jouer.
Il le disait lui même.
Une dévotion presque religieuse n'était certainement pas facile à vivre.
Il disait lui même "demandez à mes enfants si je suis un dieux, vous verrez la réponse"

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MessageSujet: Re: Rock n Folk 2002   Mer 23 Juil 2014, 6:56 am

Une de ces filles a dit un truc du genre " c'était un homme merveilleux mais un père merdique "

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